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AVIGNON
 

Hortense et Julien à Gruissan-plage

mercredi 8 janvier 2014, par Courtin

une nouvelle d’Aude

Le 16 septembre 2013,à Avignon,vers 8h du soir,la ville commençait à se vider de l’abondance de touristes, un jeune homme tourna à l’angle du Palais des Papes et s’engouffra dans la rue Peyrollerie.

Il marchait à pas vifs dans les ruelles d’Avignon désertées, suivi de loin par une jeune fille d’environ 16 ans. Elle avait des cheveux d’or, paraissait assez grande et fluette. Elle était vêtue d’une robe noire à manches longues qui lui arrivait juste au dessus des genoux. L’étroite rue pavée était sombre comme les ténèbres et humide.

La fille semblait intriguée par ce jeune homme. On aurait dit qu’il arrivait d’une autre époque. Avec son long manteau noir et ses cheveux blonds presque blancs.

Hortense ne le lâchait point. Tout à coup il tourna dans une autre rue. Maintenant elle ne l’apercevait plus. Au bout de la rue voisine Hortense s’écroula au sol et se tapa la tête contre le trottoir.

Elle se réveilla attachée sur une chaise, les pieds et points liés. Elle ressentait une douleur insupportable derrière le crâne. La pièce était assez vaste. Derrière elle crépitait un feu de cheminée. Les murs, recouverts de papier peint démodé laissaient apparaître des taches d’humidité qui partaient du sol et qui remontaient vers le plafond.
Elle n’avait pas peur elle voulait juste savoir où elle était et qui lui avait fait ça.

Tout à coup, elle vit le même homme qu’elle avait suivi plus tôt, passer devant elle puis disparaître au milieu de la pièce. Elle pensait que c’était elle qui avait des hallucinations mais cette scène se répéta plusieurs fois de suite. Puis, le jeune homme en question s’approcha du divan avec une tasse de thé fumante entre les mains. Maintenant elle pouvait voir son visage. Il avait des yeux d’un bleu limpide qui vous transperce la poitrine et un visage d’ange maléfique. Son regard l’hypnotisait ; elle ne pouvait ni bouger, ni même dire quoi que ce soit. Après de longues minutes sans se parler il lui lança :

- Bonjour, je t’ai apporté du thé.
- Qui êtes vous ? répliqua t-elle sèchement. Ce n’est pas bien de suivre les gens dans la rue, surtout à cette heure ci...

Il s’approcha lentement de la fenêtre, colla son front contre la vitre froide

- Qui êtes vous ?! répéta t-elle en haussant la voix.
- Moi je sais qui tu es ! dit il en la regardant dans les yeux avec un petit sourire.
- Dites moi qui vous êtes !! Et aussi ce que je fais ici !!! s’égosilla t-elle en sanglotant
- Je m’appelle Julian. Il ne fallait pas me suivre ! Tu vas en subir les conséquences. Nous allons partir ce soir près de Narbonne au bord de la mer. Je t’ai préparé des affaires.
- Pourquoi moi ? Il y a mille autres filles comme moi !

Il resta muet.

Il se décida à partir. Ils montèrent dans une vieille voiture, il alluma le contact, puis en un instant, ils furent face à la mer. Hortense était impressionnée, le trajet n’avait duré que quelques secondes. Gruissan-plage était un petit village constitué de chalets sur pilotis en raison des nombreux coups de mer l’hiver.
Il y avait un orage, des trombes d’eau coulaient dans les gouttières débordantes de feuilles et les éclairs qui éclataient au large de la mer déchaînée donnaient une atmosphère de film d’horreur.
En se précipitant, ils entrèrent dans un chalet en bord de mer. Julian referma la porte derrière lui, alluma le chauffage, et alla préparer à manger pour Hortense. Elle en profita pour faire le tour du petit appartement. Les murs étaient tous blancs avec un liseré bleu ciel autour des fenêtres. Elle se sentait presque comme dans une oasis. Un tableau attirait particulièrement son attention : il était en noir et blanc. Il y avait un vieux pêcheur avec une cigarette à la bouche. Il se tenait debout sur une barque dans un canal. Le repas était prêt. Elle s’assit en face de Julian. Bien que le plat ait l’air délicieux elle ne toucha pas à son assiette.
Il était maintenant 22h. Julian prit Hortense et l’enferma à double tour dans la chambre. Ses yeux se dirigèrent instinctivement sur la fenêtre. Pas de cadenas, juste des barreaux rouillés et des rideaux épais étaient présents. A droite deux lits superposés à coté une table de nuit avec une petite lampe de chevet avec un abat-jour jaune sable. Il n’y avait pas de chauffage, la pièce était glaciale, il ne devait pas faire plus de dix-huit degrés. Hortense était tellement épuisée par cette journée qu’elle s’écroula sur le lit. Elle se glissa dans les draps et s’endormit.

Le jour était assez présent dans la chambre. Hortense se réveilla petit à petit. Elle ne savait pas quelle heure il était, elle décida donc de se lever mais arrivée devant la porte et essayant de l’ouvrir elle se rappela qu’elle était enfermée. Elle alla ouvrir la fenêtre pour laisser la lumière du jour entrer, et alla se recoucher. Plus tard, Julian vint lui ouvrir la porte et la laissa se réveiller seule. Elle se leva à nouveau et prit son petit déjeuner. Elle but un café noir et mangea une tartine avec de la confiture à la fraise.

Julian lui dit : « Aujourd’hui c’est le grand jour... »

Hortense ne répliqua point, elle voulait juste que tout cela se termine et rentrer chez elle. Elle s’habilla en vitesse et fit un brin de toilette. Ils partirent cette fois-ci à la campagne. Plusieurs rivières passaient par là. Les champs rouges écarlates s’étendaient à perte de vue, les oiseaux s’égosillaient et les criquets et cigales faisaient de même.

- Tu vas devoir retrouver plusieurs objets dans la nature. Je resterai avec toi pour te protéger mais je ne t’aiderai pas à trouver ces objets. Le premier objet est assez facile : c’est un coquelicot bleu Klein.

- un coquelicot bleu ! Mais c’est impossible ! dit t-elle étonnée

- si, plus que tu ne le crois... 

Ils marchèrent en se hâtant, suivant un petit sentier. Là, un champ de fleurs bleues. Au milieu sur une petite motte de terre triomphait ledit coquelicot. Hortense partit en courant et alla cueillir la fleur. Une fois près de Julian elle lui tendit cette dernière qui lui annonça l’autre objet :

- Une bougie au milieu d’un lampadaire

Et ils s’avancèrent à pas vifs elle trouva la bougie en cire rose poudrée qui avait déjà était consumée par la flamme. Les ’’épreuves’’ s’enchaînèrent et elle les trouva tous sans trop de difficultés. Ils possédaient : le coquelicot bleu Klein, la bougie rose poudrée et une planche Ouija. Julian lui tatoua une petite étoile derrière l’oreille suite à tout ce qu’elle avait trouvé.

Tout à coup elle sentit ses jambes trembler telles des feuilles, elle avait très froid, un froid qui la glaçait jusqu’aux os. Elle se réveilla en sursaut dans son lit. Il était sept heures du matin et le soleil commençait à pointer le bout de son nez. La jeune fille se rappelait vaguement des événements précédents. Elle se dirigea devant son grand miroir et avec sa glace de poche se regarda tant bien que mal derrière l’oreille : elle n’avait rien. Sa mère entra dans la chambre. Depuis toujours elle avait les yeux bleus mais ce jour là ses yeux semblaient changés. Hortense les avait reconnus c’étaient les yeux qui vous transpercent le cœur... ceux de Julian ! Elle restait au milieu de la pièce tétanisée et n’osait plus bouger. Puis les yeux de sa mère revinrent comme d’habitude.

 
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